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top news photography Les autres touristes: quelle plaie!

«Le drame, dans le tourisme, ce sont les autres touristes», sourit Yann Laville, codirecteur du Musée d’ethnographie de Neuchâtel (MEN). Et effectivement, on est toujours le touriste d’un autre, en témoigne la nouvelle exposition temporaire du musée. Intitulé Le mal du voyage, cet intrigant parcours surfe sur les ambiguïtés pour mieux prendre de la distance par rapport à nos rêves, itinéraires et pratiques touristiques. Un véritable voyage dans nos voyages. «Nous avons voulu réfléchir autour des imaginaires liés au tourisme et aux vacances, explique son collègue Grégoire Mayor. Comment on se confronte à ces imaginaires, comment on les reproduits et comment on souhaite, en même temps, s’en libérer.» Pour en savoir plus...
Articles 2013 - Edito
Jeudi, 21 Novembre 2013 00:00
 


Edito: Le trottoir interdit

patrice2Tiens, tiens: la Suisse va se pencher sur la possibilité d’interdire le plus vieux métier du monde. Une décision soudaine? Pas vraiment. Le postulat avait été déposé en décembre 2012 – il y a bientôt un an – par Marianne Streiff, conseillère nationale issue du Parti évangélique. Elle était soutenue par 43 parlementaires dont le Fribourgeois Dominique de Buman (PDC), les socialistes genevois Maria Bernasconi et Carlo Sommaruga et les Valaisans Yannick Buttet (PDC), Oskar Freysinger (UDC) et Jean-René Germanier (radical).

Ce postulat demandait au Conseil fédéral d’analyser l’efficacité de la loi adoptée par la Suède en 1999 qui punit les clients des prostituées. «Même les sceptiques sont surpris des résultats positifs obtenus», disait ce texte. Le Conseil fédéral l’avait accepté en promettant un rapport pour 2015. De quoi l’oublier dans un tiroir.

Mais un journal dominical, la Schweiz am Sonntag, l’a ressorti ce week-end à point nommé. Car la Suisse alémanique est choquée par ces inspecteurs qui ont perdu leur intégrité dans les rues chaudes de Zurich. Et l’Assemblée française votera le 27 novembre une loi qui veut mettre les clients à l’amende jusqu’à hauteur de 1500 euros. Ce qui fait cher la minute de plaisir.

 


"C'est un long combat, comme pour l'esclavage."

«Ce sera un long combat, comme pour l’esclavage, mais la mentalité est en train de changer en Europe. Il faut faire comprendre que la femme n’est pas un objet à vendre», dit Marianne Streiff pour justifier son combat. D’après elle, si les clients prennent peur, la prostitution sera moins rentable et les trafiquants de chair fraîche n’auront plus le même intérêt à importer des filles de Bulgarie ou de Roumanie.

Les réactions sont mitigées. En France, un manifeste signé par 60 artistes – dont Charles Aznavour, Catherine Deneuve ou Line Renaud – refuse la pénalisation des prostituées et de leurs clients. Une loi plus sévère, disent-ils, ne peut que rejeter la prostitution dans l’illégalité au détriment des plus faibles, les prostituées elles-mêmes. En Allemagne, pays où les Eros Center ont pignon sur rue, une féministe célèbre, Alice Schwarzer, aligne des chiffres accablants sur l’importation des prolétaires du sexe et leur exploitation. Elle se réjouit que le débat rebondisse en Suisse.

Alors? La France interdit, mais la prostitution s’incruste. L’Allemagne autorise et la prostitution explose. La Suède interdit, mais les résultats sont contestés. Encore un problème où la loi, seule, est notoirement insuffisante. Le trottoir, comme l’enfer, est pavé de bonnes intentions. Et de mensonges.

Mise à jour le Mercredi, 20 Novembre 2013 17:22
 

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