news menu left
top news photography Les autres touristes: quelle plaie!

«Le drame, dans le tourisme, ce sont les autres touristes», sourit Yann Laville, codirecteur du Musée d’ethnographie de Neuchâtel (MEN). Et effectivement, on est toujours le touriste d’un autre, en témoigne la nouvelle exposition temporaire du musée. Intitulé Le mal du voyage, cet intrigant parcours surfe sur les ambiguïtés pour mieux prendre de la distance par rapport à nos rêves, itinéraires et pratiques touristiques. Un véritable voyage dans nos voyages. «Nous avons voulu réfléchir autour des imaginaires liés au tourisme et aux vacances, explique son collègue Grégoire Mayor. Comment on se confronte à ces imaginaires, comment on les reproduits et comment on souhaite, en même temps, s’en libérer.» Pour en savoir plus...
Articles 2013 - Edito
Jeudi, 07 Novembre 2013 00:00
 


Edito: la monnaie et les millions

patrice2Distribution de tracts en faveur de l’initiative 1:12 l’autre jour à la gare. On y voit une main noire sur fond rouge qui rafle des pièces de monnaie. L’image est peu réaliste, les top managers ne se contentant pas de piécettes! Mais le message est clair: contre «la cupidité d’une poignée de profiteurs», dit ce tract, il faut réduire la fourchette des salaires. Si la caissière gagne 4000 francs par mois, le patron doit se contenter de douze fois plus, soit 600’000 à 650’000 francs par an. Ce qui reste confortable, la plupart des lecteurs de l’Echo seront d’accord avec moi.
Alors, pourquoi tant de réticences face à cette initiative? Parce que des multinationales pourraient quitter la Suisse, provoquant du chômage et des pertes fiscales? La menace est réelle, mais ce n’est pas une raison pour justifier l’injustifiable. Certains salaires sont délirants. Que des patrons trouvent «normal» de toucher des dizaines de millions par an prouve que quelque chose ne tourne pas rond dans leur tête. Et dans la tête de ceux qui les défendent.
C’est sans doute un effet du capitalisme financier qui, avec ses milliards virtuels, offre des gains totalement déconnectés de la réalité. Les psys y voient un problème d’ego, ces gens-là se jaugeant les uns les autres: ne pas avoir le yacht le plus long leur est insupportable. Et c’est la conséquence de la perte du sens commun. On se croirait revenu aux fastes de l’Ancien Régime, quand une poignée de privilégiés trouvaient «normal» le maintien de leurs privilèges.

 


Ne pas avoir le yacht le plus long leur est insupportable.

Il faut faire quelque chose, mais je ne crois pas au remède proposé. Car le 1: 12 est un choix arbitraire (pourquoi pas 1:10 ou 1:20?), contraire à la souplesse nécessaire de l’économie. Et l’initiative confie à l’Etat la police des salaires, des plus bas aux plus élevés, puisqu’il faudra les comparer en permanence. Bonjour la bureaucratie! Du tabac à la vitesse en passant par les poubelles, la loi règle déjà nombre de détails de la vie commune; demain elle fixera les salaires: ce recours à la loi est le signe et la conséquence de l’individualisme dominant. Quand chacun veut faire ce qui lui plaît, l’Etat doit se mêler de tout.
En fait, l’initiative s’attaque à un symptôme sans aller à la racine du problème. Une fois de plus, il faut dire l’importance de l’éducation, de la transmission de valeurs communes sur ce qui est juste ou non. Par la parole et par l’exemple. Il y a même de grands patrons qui le font. Et il y a l’impôt, qui reste le meilleur moyen pour remettre en circulation les salaires excessifs empochés par certains.

Mise à jour le Jeudi, 07 Novembre 2013 13:26
 

 90ans

Cette semaine

2020-08-sommaire 

 

articles-2020

 

 unpluspourtous




Echo Magazine © Tous droits réservés. Route de Meyrin 12. CH-1202 Genève. Tél +41 22 593 03 03. Fax +41 22 593 03 19 redaction@echomagazine.ch