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top news photography Les autres touristes: quelle plaie!

«Le drame, dans le tourisme, ce sont les autres touristes», sourit Yann Laville, codirecteur du Musée d’ethnographie de Neuchâtel (MEN). Et effectivement, on est toujours le touriste d’un autre, en témoigne la nouvelle exposition temporaire du musée. Intitulé Le mal du voyage, cet intrigant parcours surfe sur les ambiguïtés pour mieux prendre de la distance par rapport à nos rêves, itinéraires et pratiques touristiques. Un véritable voyage dans nos voyages. «Nous avons voulu réfléchir autour des imaginaires liés au tourisme et aux vacances, explique son collègue Grégoire Mayor. Comment on se confronte à ces imaginaires, comment on les reproduits et comment on souhaite, en même temps, s’en libérer.» Pour en savoir plus...
Articles 2013 - Edito
Jeudi, 24 Octobre 2013 00:00
 


Edito: la honte à punir

patrice2Je termine à l’instant le livre de Marie-Hélène Miauton, Criminalité en Suisse*. Ce livre, qui vient de sortir, offre un contrepoint intéressant aux articles que nous consacrons dans ce numéro de l’Echo à la prison et aux crimes qui ont endeuillé la Suisse romande récemment (voir A la Une)).
Mme Miauton n’est ni juriste ni criminologue. Ayant dirigé un important institut de sondages, elle connaît le poids des chiffres et de l’opinion. Elle sait dire les choses simplement même si elle use et abuse des points d’exclamation. Un énervement justifié, dit-elle, par l’aveuglement de la pensée dominante.
La criminalité a fortement progressé ces dernières années, c’est un fait. La Suisse n’est plus une exception enviée par ses voisins. «Mais il ne faut pas le dire», car cela peut renforcer le sentiment d’insécurité de la population. Il ne faut surtout pas faire de lien entre ces crimes et la présence de criminels d’origine étrangère. Une toute petite minorité, certes, mais agissante et encouragée par un code pénal édenté. Et la population s’étrangle quand elle découvre que des détenus font du cheval ou de la boxe thaïe aux frais du contribuable, quand la justice semble plus soucieuse des coupables que des victimes ou du personnel
pénitentiaire. Jusqu’aux dérapages mortels des derniers mois.

 


"Une idéologie de l'indulgence flotte dans l'air"

Nombreux sont les arguments et les remèdes avancés par Mme Miauton, ici trop brièvement résumés. C’est la thèse de fond qui m’intéresse: «une idéologie de l’indulgence et de l’excuse flotte dans l’air du temps», écrit-elle. Une sorte de «honte à punir» déjà évoquée par Michel Foucault, le grand théoricien de l’enfermement carcéral. Les gardiens de prison vaudois n’ont plus droit aux menottes, parfois bien utiles, «car porter des menottes à la ceinture pouvait être interprété par les prisonniers comme une provocation!».
De même que les parents ne savent plus dire non, la société libérale a intégré «l’interdit d’interdire» de Mai 68. Ces lâchetés d’adultes provoquent le ras-le-bol des citoyens, ulcérés au point de voter les mesures les plus extrêmes.
En refermant ce livre, je me demande pourquoi on a oublié que la punition est une forme de respect de l’autre et de sa liberté. Mais je sais aussi que l’autre ne se réduit pas à sa faute, si grande soit-elle. On peut toujours tendre la main, en prison aussi. C’est ce que montrent nos rencontres avec un aumônier de Champ-Dollon – qui a connu Adeline et son assassin – et avec les jeunes de Pramont en Valais, arrachés à leur quotidien par les couleurs d’un peintre venu des rues d’Amérique latine.
La lutte contre le crime doit être ferme et juste, mais elle n’interdit pas l’espérance.

 

 

Mise à jour le Jeudi, 24 Octobre 2013 12:27
 

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