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top news photography Les autres touristes: quelle plaie!

«Le drame, dans le tourisme, ce sont les autres touristes», sourit Yann Laville, codirecteur du Musée d’ethnographie de Neuchâtel (MEN). Et effectivement, on est toujours le touriste d’un autre, en témoigne la nouvelle exposition temporaire du musée. Intitulé Le mal du voyage, cet intrigant parcours surfe sur les ambiguïtés pour mieux prendre de la distance par rapport à nos rêves, itinéraires et pratiques touristiques. Un véritable voyage dans nos voyages. «Nous avons voulu réfléchir autour des imaginaires liés au tourisme et aux vacances, explique son collègue Grégoire Mayor. Comment on se confronte à ces imaginaires, comment on les reproduits et comment on souhaite, en même temps, s’en libérer.» Pour en savoir plus...
Articles 2013 - Edito
Jeudi, 03 Octobre 2013 00:00
 


Edito: bonjour tristesse

patrice2Ma che tristezza...: impossible de croiser des Italiens, dimanche, sans être frappé par leur déception et leur découragement. Journalistes ou non, modérément de gauche ou tifosi déçus par Silvio Berlusconi (les chauds défenseurs du Cavaliere se faisant rares), tous avaient le moral dans les chaussettes.
On connaît l’histoire telle qu’elle se présentait lundi – la crise peut avoir évolué depuis: Berlusconi a retiré les ministres de son parti présents dans le gouvernement de coalition qui dirige l’Italie depuis le mois d’avril. Des ministres ont protesté, trouvant injuste de quitter leur poste dans un pays traumatisé par la récession, la dette et les «affaires». Mais on ne discute pas les ordres du patron. Et pour Berlusconi seul compte, semble-t-il, son exclusion prochaine du Sénat suite à sa condamnation définitive par les juges.
Ne pouvant pas obtenir une grâce présidentielle ou un arrangement à l’italienne, il a préféré jouer son va-tout dans des élections anticipées, un terrain sur lequel il est imbattable – ou se croit tel. Il est vrai que Berlusconi en campagne est un autre homme, un vendeur d’illusions comme il y en a peu en Italie. Pendant ce temps, personne ne songe à lui demander des comptes pour ses casseroles judiciaires: cela a marché pendant vingt ans et il rêve d’occuper à nouveau le devant de la scène, à 77 ans.

 


Le besoin de repenser la démocratie est évident.

 

Possible? En Italie, tout est possible en effet. Mais la comédie pourrait aussi mal finir. En février, le vote protestataire avait réuni un quart des suffrages au bénéfice d’un «non-parti» qui crache sur la politique et les politiciens. De nouvelles élections pourraient renforcer ce front du refus. La droite n’a plus de parti puisque Berlusconi a tué le sien pour en former un autre encore évanescent. Le centre a éclaté et la gauche se déchire à belles dents.
On peut en rire et se rappeler que, depuis la guerre, la durée moyenne d’un gouvernement italien n’a pas dépassé six mois. Mais la déliquescence italienne n’est pas un phénomène isolé: la France de François Hollande aligne les scandales et les échecs. La distance se creuse entre le monde politique et sa cour médiatique d’un côté et le citoyen lambda de l’autre. Le «tous pourris!» résonne toujours plus fort. La Suisse est mieux lotie, mais l’émiettement des partis et le désintérêt sont préoccupants ici aussi.
Le besoin de repenser la démocratie est évident. Et cela passe sans doute par une renaissance de la personne, par la reprise en main de la responsabilité de chacun. Il faudra revenir sur ces questions.

Mise à jour le Jeudi, 03 Octobre 2013 14:03
 

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