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top news photography Promettre la chasteté, et après?

«C’était facile au séminaire: on se lançait des vannes, on plaisantait sur le sujet. Mais on était portés par une ambiance de camaraderie. Ensuite, on se retrouve seul dans le ministère! La sexualité, c’est toute une vie. On ne peut pas dire à 22 ans: ‘Ça y est, je suis chaste’. Il faut un processus d’accompagnement», estime Maxime Morand, qui a quitté le sacerdoce après cinq ans pour se marier, en 1986. Il a travaillé par la suite dans les ressources humaines et regrette que l’Eglise n’ait pas, comme toute grande entreprise, une instance de régulation externe. Pour en savoir plus...
Articles 2013 - Edito
Jeudi, 26 Septembre 2013 00:00
 


Edito: le quart d'heure jésuite

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Etre qualifié de «jésuite» ou «jésuitique» n’a pas toujours été un compliment. Les dictionnaires en font un synonyme d’hypocrite! Confesseurs des princes, champions de la contre-réforme, les jésuites ont traîné une réputation sulfureuse. Ils avaient contre eux leurs anciens élèves (dont Voltaire, qui disait: «Les Pères ne m’ont appris que des sottises et du latin») et les philosophes des Lumières. En Suisse, la Constitution de 1874 les interdisait et leur retour ne fut autorisé – officiellement – qu’un siècle plus tard, en 1973.
Et voilà que François, premier pape jésuite de l’histoire, fait un tabac auprès des fidèles et des médias. Dernier exemple: le long entretien qu’il a accordé à une revue jésuite italienne et qui est diffusé dans le monde entier. On y retrouve la liberté de ton du pape argentin, son souci de «soigner les blessures des hommes» avant de leur faire la morale, son désir de mettre l’Eglise en mouvement. Un texte dont nous donnons de larges extraits et qu’il vaut la peine de lire en entier*.
Car le béguin médiatique pour le pape François peut être partial et partiel. Sur la radio romande, vendredi dernier, la journaliste se léchait les babines en parlant de «rupture» et de discours «révolutionnaire» tenu par un pape qui pourrait aller jusqu’à accepter des prêtres mariés (quelle révolution!). La tentation de jouer François contre ses prédécesseurs est bien présente, mais elle ne peut que décevoir. La nouveauté de ce pape n’est pas dans le contenu de son message, mais dans sa manière de le vivre.

 


Comme un signe attendu par un monde qui doute de tout.

La foi, pour lui, n’est pas qu’une doctrine, c’est une capacité de voir plus loin, de faire le bon choix au moment de poser les gestes du quotidien. De choisir son appartement ou de sauter dans un avion pour aller saluer des réfugiés.
Les jésuites ont un mot pour définir cette capacité de jugement: le discernement. Le pape l’emploie plusieurs fois dans cet entretien. Bon, elle ne tombe pas du ciel. Il faut du temps, du travail et de la prière pour arriver à être sûr, comme lui, que Dieu est présent dans chaque interstice du réel. Mais la foi ainsi comprise peut intéresser même les indifférents: qui n’a pas rêvé de mieux conduire sa vie, de garder courage malgré les obstacles et les erreurs?
La faveur médiatique n’ira peut-être pas au-delà du quart d’heure de célébrité promis à chacun par Andy Warhol, mais peu importe. Le pape jésuite intrigue, il donne envie de comprendre et de le suivre. Comme un signe attendu par un monde qui doute de tout et de son propre avenir.

Mise à jour le Jeudi, 26 Septembre 2013 13:18
 

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