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top news photography Les autres touristes: quelle plaie!

«Le drame, dans le tourisme, ce sont les autres touristes», sourit Yann Laville, codirecteur du Musée d’ethnographie de Neuchâtel (MEN). Et effectivement, on est toujours le touriste d’un autre, en témoigne la nouvelle exposition temporaire du musée. Intitulé Le mal du voyage, cet intrigant parcours surfe sur les ambiguïtés pour mieux prendre de la distance par rapport à nos rêves, itinéraires et pratiques touristiques. Un véritable voyage dans nos voyages. «Nous avons voulu réfléchir autour des imaginaires liés au tourisme et aux vacances, explique son collègue Grégoire Mayor. Comment on se confronte à ces imaginaires, comment on les reproduits et comment on souhaite, en même temps, s’en libérer.» Pour en savoir plus...
Articles 2013 - Edito
Jeudi, 05 Septembre 2013 00:00
 


Edito: Le cri de la paix

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«En Syrie, il n’y a pas de solution simple et aucune bonne solution»: la réflexion de l’archevêque anglican de Canterbury, Mgr Justin Welby – un homme au jugement apprécié –, dit le guêpier dans lequel sont fourrés les décideurs politiques, Barack Obama en tête. Cela peut expliquer le délai que le président américain s’est donné avant de frapper Bachar Al-Assad. Car enfin: l’utilisation d’un gaz mortel par les troupes syriennes est plausible. Dans un premier temps, on a pu croire à une intoxication médiatique venue des rebelles. Incapables de triompher par les armes et sachant la «ligne rouge» posée par l’Occident, certains enragés auraient pu mettre en scène une hécatombe avec de vrais gaz et de vrais morts – ils en seraient capable – pour imposer une intervention étrangère. Les renseignements diffusés par les Américains rendent ce scénario peu crédible: il y a eu trop de morts sur une trop large échelle*. Il faut donc admettre que le dictateur syrien, incapable lui aussi de briser la résistance adverse, n’a pas hésité à massacrer femmes et enfants. Il l’aurait déjà fait dans le passé.

 


La question des moyens doit être posée

face aux criminels.


 

La «punition» promise par Obama et François Hollande a donc un fondement moral. Et, faute de réaction, la crédibilité du gendarme américain serait entamée. Mais pas question de faire tomber Al-Assad, car – tout le monde est d’accord là-dessus – ses adversaires ne valent pas mieux. Au contraire: la chute du régime plongerait le pays dans un chaos pire encore, au bénéfice des islamistes les plus durs qui sont aussi les plus féroces ennemis de l’Occident. En clair, les missiles serviront à donner une leçon et à ne pas perdre la face aux yeux du monde, mais le peuple syrien souffrira comme avant. Mgr Welby a raison, cela n’a pas de sens. C’est pourquoi il faut donner un large écho au «cri de la paix» lancé dimanche à Rome par le pape François: «La guerre appelle la guerre, la violence engendre la violence... Que tous prennent avec courage la voie de la rencontre et de la négociation, que tous déposent les armes et se laissent guider par un désir de paix». Appel utopique et même «munichois», comme l’ont supposé certains esprits obsédés par la reculade des démocraties devant Hitler? Certes, la question des moyens doit être posée face aux comportements criminels et la force armée en fait partie. Mais, dans la confusion actuelle, le cri du pape semble le seul raisonnable. Car tout n’a pas été fait, en particulier par la Russie et le monde arabe, pour imposer une solution négociée. Une bonne nouvelle tout de même: la Suisse accueillera 500 réfugiés de Syrie. Mais il faudrait faire plus, beaucoup plus.

Mise à jour le Jeudi, 05 Septembre 2013 11:03
 

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