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top news photography Les autres touristes: quelle plaie!

«Le drame, dans le tourisme, ce sont les autres touristes», sourit Yann Laville, codirecteur du Musée d’ethnographie de Neuchâtel (MEN). Et effectivement, on est toujours le touriste d’un autre, en témoigne la nouvelle exposition temporaire du musée. Intitulé Le mal du voyage, cet intrigant parcours surfe sur les ambiguïtés pour mieux prendre de la distance par rapport à nos rêves, itinéraires et pratiques touristiques. Un véritable voyage dans nos voyages. «Nous avons voulu réfléchir autour des imaginaires liés au tourisme et aux vacances, explique son collègue Grégoire Mayor. Comment on se confronte à ces imaginaires, comment on les reproduits et comment on souhaite, en même temps, s’en libérer.» Pour en savoir plus...
Articles 2013 - Edito
Jeudi, 15 Août 2013 00:00
 


Edito: par saint Gilbert !

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Ça, alors! Une nouvelle de l’agence Zenit datée du 8 août annonce que Mgr Peter Doyle, évêque de Northampton, en Angleterre, a ouvert l’enquête préalable à la béatification de Gilbert Keith Chesterton (1874-1936). Ce journaliste, qui fut un polémiste aussi brillant que redouté et l’inventeur d’un curé détective, Father Brown, a laissé des dizaines de livres introuvables en français. Depuis quelques années, heureusement, un site* permet aux francophones de garder le contact avec cet homme que La Croix présentait en 2010 comme «un chevalier de la foi, superlativement anglais dans sa culture, ses références, son humour».
Certes, l’enquête demandée par un évêque n’est pas encore une auréole. Ce n’est pas demain qu’on verra la formidable stature de ce géant sur les autels, ce qui l’aurait beaucoup amusé. Mais la dépêche en question se veut optimiste, car le pape actuel est un fan de Chesterton (lequel a d’ailleurs écrit une vie de saint François d’Assise): en 2005, alors qu’il était archevêque de Buenos Aires, le cardinal Bergoglio avait patronné un colloque de la Societad Chestertonia Argentina et il a béni la prière qui demande la canonisation de l’écrivain. Et si une procédure est ouverte, ce n’est pas seulement à cause de ses vertus, mais à la suite des conversions que son oeuvre opère aujourd’hui encore.
Il y a quelque chose d’étonnant dans la survie de Chesterton. Car ses livres qu’il qualifiait lui-même, non sans ironie, de shapeless and amateurish (informes et typiques d’un amateur), demandent un certain effort pour être appréciés. Son goût pour les paradoxes, qui lui faisait dire que les femmes sont beaucoup trop nobles et intelligentes pour perdre leur temps avec la politique, fera hurler les féministes. Mais il y a chez lui quelque chose du chrétien dont ce temps a besoin.

 


Son goût pour les paradoxes fera hurler les féministes.

En 2007, la revue Pierre d’angle, dirigée par le dominicain Guy Bedouelle, aujourd’hui décédé, lui consacrait un numéro spécial intitulé «Chesterton, le reconnaissant». On y trouvait cette réflexion: «L’homme moderne, comme le païen, n’est plus capable de se réjouir de rien. Il est rassasié jusqu’à l’ennui, jusqu’au désespoir. Or, ‘le test de toute joie est la gratitude’, disait Chesterton».
Lequel avait aussi cette belle formule: «Le monde ne mourra jamais par manque de merveilles, mais uniquement par manque d’émerveillement».
Etre reconnaissant parce que tout est donné et que toute la vie, avec ses ennuis, est l’occasion heureuse de s’émerveiller et de remercier Celui qui nous la donne: oui, il y a quelque chose de revigorant, pour les modernes fatigués que nous sommes, dans la lecture et la relecture de saint Gilbert Chesterton.

Mise à jour le Jeudi, 15 Août 2013 12:05
 

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