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top news photography Promettre la chasteté, et après?

«C’était facile au séminaire: on se lançait des vannes, on plaisantait sur le sujet. Mais on était portés par une ambiance de camaraderie. Ensuite, on se retrouve seul dans le ministère! La sexualité, c’est toute une vie. On ne peut pas dire à 22 ans: ‘Ça y est, je suis chaste’. Il faut un processus d’accompagnement», estime Maxime Morand, qui a quitté le sacerdoce après cinq ans pour se marier, en 1986. Il a travaillé par la suite dans les ressources humaines et regrette que l’Eglise n’ait pas, comme toute grande entreprise, une instance de régulation externe. Pour en savoir plus...
Articles 2013 - A la Deux
Jeudi, 14 Novembre 2013 00:00
 

Fribourg

Oui, on peut aimer la musique contemporaine

 

Elle n’est pas que grincements et cachets d’aspirine: depuis huit ans, à Fribourg, Eclatsconcerts fait découvrir et aimer la musique contemporaine. Le 20 novembre, le violon d’Anne-Sophie Mutter interprète un concerto de Norbert Moret.

2013-46-28AC’était un quiz du Tages-Anzeiger il y a quelques jours: «Au concert, êtes-vous plutôt du genre épaules nues à la Anne-Sophie Mutter ou nombril à l’air comme Vanessa Mae?». A partir de là, en douze questions, le questionnaire vous classait irrémédiablement parmi les bourgeois-flûte-de-champagne qui se pressent aux concerts d’abonnement; ou, au contraire, parmi les bobos en col roulé noir qui applaudissent d’improbables gémissements qualifiés de «musique contemporaine». Ces classements, Christophe Camenzind les fait voler en éclats: flûtiste et professeur au conservatoire, ce Fribourgeois de 53 ans est à l’origine d’Eclatsconcerts, une association fondée en 2005 pour transgresser les barrières et, selon ses termes, «faire redécouvrir l’expérience du concert classique». La prochaine expérience de ce genre aura lieu le 20 novembre à Fribourg avec une soirée qui associe Maurice Ravel, Bartók, Honegger et Norbert Moret. Sans oublier, en après-concert, le vin, les tapas et la rencontre avec les musiciens.

Mozart aussi dérangeait

2013-46-29B«Le public des concerts d’abonnement est le plus difficile à convaincre», dit Christoph Camenzind en rappelant que l’oreille humaine est un organe qui a ses habitudes au point d’être réfractaire aux nouveautés. «Parmi les contemporains de Mozart, certains trouvaient que sa musique avait trop de notes! D’autres se sentaient agressés par les symphonies de Beethoven et de nombreux génies musicaux ont été oubliés avant de figurer parmi les classiques.» La musique que nous trouvons belle ne l’est pas pour tous. Ou pas immédiatement: «Pour des oreilles accoutumées à la musique indienne, ce sont nos harmonies qui sonnent faux». Les quarts de ton, rares dans la musique classique ou romantique, sont fréquents en Inde et dans les œuvres contemporaines. La musique ne cesse d’évoluer: si nous n’avons conservé que deux modes, l’un mineur, l’autre majeur, les musiciens en avaient sept jusqu’à la Renaissance. D’où le concept développé par Eclatsconcerts: associer, au cours d’une même soirée, des noms qui figurent au répertoire, comme Bach, Schubert, Stravinsky, et des compositeurs de la fin du 20e siècle, dont certains sont déjà des classiques, comme le Hongrois György Ligeti. Des concerts ont été donnés dans le cadre exceptionnel des anciens abattoirs, au Musée d’art et de d’histoire de Fribourg. Les jeux de lumière, des projections vidéo et les découvertes culinaires contribuent à renouveler l’écoute musicale. «Au cours des six premières saisons, nous avons reçu des amateurs de jazz ou de rock, des gens qui n’étaient jamais allés à un concert classique et des habitués qui acceptaient de se laisser surprendre... en étant quand même rassurés par un quatuor de Brahms. Ils nous disaient ensuite: ‘Brahms, c’était fabuleux, mais ce qui m’a le plus touché était la pièce contemporaine’. Cela fait plaisir». Faut-il alors considérer Ravel et Bartók, qui seront à l’affiche le 20 novembre, comme des sucres destinés à faire passer Norbert Moret? «Pour Ma Mère l’Oye de Maurice Ravel, je dirais oui. La pièce de Béla Bartók, qui date de 1936 (intitulée Musique pour cordes, percussion et célesta), est beaucoup plus rarement programmée, mais elle est très abordable. Notre programmation est une chose qui mûrit lentement et qui nous fait combiner des œuvres qui se répondent, qui participent à une même palette de sonorités. Notre sélection n’est jamais intellectuelle, elle est d’abord sensuelle.»

Les épaules d’Anne-Sophie

Le concerto de Norbert Moret a été créé en 1988 pour Anne-Sophie Mutter – il y a donc 25 ans – sur commande du Festival d’Ascona (voir encadré). C’est «sa pièce la plus abordable, la plus riche en couleurs», assure Christoph Camenzind. Ce concerto est quasiment un classique, qui a été enregistré par l’Orchestre symphonique de Boston. «L’époque où des intellos voulaient ‘bousculer les bourgeois’ est révolue. Ce que nous essayons de faire, avec Eclatsconcerts, c’est aider les gens à sortir des cases formatées. Pour faire l’expérience d’une beauté qu’ils ne connaissent pas encore.» Avec les épaules nues d’Anne-Sophie Mutter.

Patrice Favre

 

Le rêve de Norbert Moret

Fils de paysans fribourgeois, Norbert Moret (1921-1998) reste fortement marqué par la terre. A propos de En Rêve, le concerto du 20 novembre, ce promeneur infatigable écrivait: «Dans la forêt derrière notre maison, j’étais fasciné par cette atmosphère de pénombre traversée de trouées de soleil qui faisaient apparaître une légère brume vaporeuse... A l’intérieur de cette trouée voletait un véritable essaim de moucherons rassemblés en un grand huit et paraissant immobile». «Lumière vaporeuse», «dialogue avec l’Etoile» et «azur fascinant (sérénade tessinoise)» sont les titres des trois mouvements de ce concerto qui réunira 47 musiciens de l’orchestre de chambre de Lausanne sous la direction de Michael Francis. Avec Anne-Sophie Mutter, la musicienne fétiche d’Herbert von Karajan, au violon.

Fribourg, Salle Equilibre, mercredi 20 novembre 2013 à 20h. Pour information: www.eclatsconcerts.ch

 

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