news menu left
top news photography Les autres touristes: quelle plaie!

«Le drame, dans le tourisme, ce sont les autres touristes», sourit Yann Laville, codirecteur du Musée d’ethnographie de Neuchâtel (MEN). Et effectivement, on est toujours le touriste d’un autre, en témoigne la nouvelle exposition temporaire du musée. Intitulé Le mal du voyage, cet intrigant parcours surfe sur les ambiguïtés pour mieux prendre de la distance par rapport à nos rêves, itinéraires et pratiques touristiques. Un véritable voyage dans nos voyages. «Nous avons voulu réfléchir autour des imaginaires liés au tourisme et aux vacances, explique son collègue Grégoire Mayor. Comment on se confronte à ces imaginaires, comment on les reproduits et comment on souhaite, en même temps, s’en libérer.» Pour en savoir plus...
Articles 2013 - A la Deux
Jeudi, 07 Novembre 2013 00:00
 

Bible

Le Notre Père ne changera pas demain

 

Evénement pour les catholiques francophones: le 22 novembre paraîtra une nouvelle Bible en langue française. Avec des changements nombreux qui n’épargneront ni le Notre Père ni le Magnificat ni les Béatitudes. Explications.

2013-45-magnificatPas de panique! La nouvelle traduction liturgique de la Bible en langue française, qui deviendra la référence unique pour la liturgie des heures et les sacrements, n’entrera pas en vigueur dans les missels avant 2015! Et cela se fera par étapes: fin 2014 devrait être publié un lectionnaire regroupant les lectures bibliques utilisées pour la messe; puis, pour l’ordinaire de la messe, il faudra attendre une nouvelle traduction du Missel romain. Les catholiques francophones auront donc le temps de se préparer.
La nouvelle traduction sera publiée aux Editions Mame/Fleurus le 22 novembre par l’Association épiscopale liturgique pour les pays francophones qui regroupe les conférences épiscopales de Suisse, de France, de Belgique, du Luxembourg, d’Afrique du Nord et du Canada. Réalisée à leur initiative, elle a obtenu l’accord de la Congrégration pour le culte divin et la discipline des sacrements le 12 juillet, couronnant un travail mené par quelque septante traducteurs durant dix-sept ans. Et un long processus de dialogue entre la Commission épiscopale francophone pour les traductions liturgiques, les conférences épiscopales concernées et la Congrégation pour le culte divin. Autant dire que les changements proposés ont été longuement mûris. Nombreux et importants, ils concernent l’ensemble des textes de l’Ancien Testament et du Nouveau Testament excepté le psautier, conservé dans une version de 1977.

Fidélité au texte original

Un changement a déjà provoqué bien des discussions: celui apporté à la prière du Notre Père, commune à tous les chrétiens, qui témoigne d’un approfondissement théologique et d’une volonté de sortir de la confusion. Dans la seule prière que Jésus-Christ a transmise à ses disciples – elle figure dans les évangiles de Matthieu et de Luc – et récitée à chaque messe, «Et ne nous soumets pas à la tentation» (traduction de 1966) sera remplacé par «Et ne nous laisse pas entrer en tentation». Cette traduction «met davantage l’accent sur la communion avec le Christ qui a connu la tentation», relève Mgr Bernard Podvin, porte-parole de la Conférence des évêques de France. Elle ne laisse pas supposer, comme celle de 1966, qui a toujours été sujette à débat, que Dieu serait tentateur, à l’origine du mal. Mgr Podvin précise: «Demander au Père de ne pas nous laisser entrer en tentation c’est lui demander la force de combattre et d’écarter complètement la tentation comme le Fils l’a fait», c’est invoquer la protection de Dieu contre ce danger. Cette modification est à rapprocher de l’injonction de l’épitre de saint Jacques (Jc 1,13): «Dans l’épreuve de la tentation, que personne ne dise: ‘Ma tentation vient de Dieu’. Dieu en effet ne peut être tenté de faire le mal, et lui-même ne tente personne». Il y aura aussi, dans le Magnificat, la disparition des mots «amour» et «race» au profit de «miséricorde» et «descendance».
Des changements motivés par la volonté d’allier clarté et fidélité au texte original: les traducteurs, biblistes, philologues, liturgistes, écrivains, poètes, sont partis des textes originaux en hébreu et en grec pour mieux exprimer le sens du texte latin. Ils ont précisé des expressions inadéquates ou ambiguës, réintroduit certains passages, corrigé des erreurs et tenu compte des avancées de ces dernières décennies dans l’étude du texte biblique. Mais attention, il ne s’agit pas de moderniser la langue sous prétexte de rejoindre nos contemporains et encore moins de donner droit au langage inclusif – la Bible continuera de parler d’«homme» et pas de «genre humain»: ce qui prime, c’est la fidélité au texte original.

Une tradition déjà longue

La traduction de la Bible en français suit la nouvelle version anglophone du Missel romain. Même si les évêques y avaient préparé les fidèles en leur distribuant des livrets permettant de découvrir et d’assimiler la nouvelle traduction, celle-ci a suscité des réactions de rejet, 51% des catholiques anglophones estimant le syle «trop formel» et «pompeux» et 61% des prêtres demandant «une révision urgente». Espérons que le nouveau texte français rencontrera un large assentiment tant des prêtres que des fidèles.
Il n’est pas le premier, loin de là. Au début du 20e siècle, le mouvement liturgique avait déjà permis de mettre à disposition des fidèles des missels bilingues latin français. Le concile Vatican II, s’il déclarait que le latin restait la langue de la liturgie, prévoyait la possibilité d’accorder une place plus importante aux langues vernaculaires. Cela avait donné lieu à de nouvelles traductions, rassemblées en 1993 dans La Bible de la liturgie. La Traduction liturgique de la Bible (Mame).
Avalisée par Rome, elle n’en est qu’à ses débuts. Place maintenant au clergé et aux fidèles: c’est à eux qu’il reviendra de s’imprégner des nouvelles formules pour entrer plus avant dans la compréhension du message biblique et le faire résonner dans leur vie quotidienne.

Geneviève de Simone-Cornet Famille chrétienne/La Croix

 

 90ans

Cette semaine

2020-08-sommaire 

 

articles-2020

 

 unpluspourtous




Echo Magazine © Tous droits réservés. Route de Meyrin 12. CH-1202 Genève. Tél +41 22 593 03 03. Fax +41 22 593 03 19 redaction@echomagazine.ch