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top news photography Les autres touristes: quelle plaie!

«Le drame, dans le tourisme, ce sont les autres touristes», sourit Yann Laville, codirecteur du Musée d’ethnographie de Neuchâtel (MEN). Et effectivement, on est toujours le touriste d’un autre, en témoigne la nouvelle exposition temporaire du musée. Intitulé Le mal du voyage, cet intrigant parcours surfe sur les ambiguïtés pour mieux prendre de la distance par rapport à nos rêves, itinéraires et pratiques touristiques. Un véritable voyage dans nos voyages. «Nous avons voulu réfléchir autour des imaginaires liés au tourisme et aux vacances, explique son collègue Grégoire Mayor. Comment on se confronte à ces imaginaires, comment on les reproduits et comment on souhaite, en même temps, s’en libérer.» Pour en savoir plus...
Articles 2013 - A la Deux
Jeudi, 05 Septembre 2013 00:00
 

Gardes suisses

Et Lausanne devint "le Vatican d'un jour"

Défilé d’anciens gardes en uniforme, messe solennelle en l’honneur du pape Jules II, fondateur de la Garde suisse pontificale: Lausanne avait un petit air romain ce week-end.

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Pari tenu pour l’association des anciens gardes suisses pontificaux: en y organisant leur assemblée générale le 31 août, ils ont fait du Palais de Rumine à Lausanne «le Vatican d’un jour», selon le président sortant, le Vaudois Ulysse Bieri. Les rues du centre-ville ont pris les couleurs de la Garde suisse pontificale (GSP) le temps d’un cortège solennel devant un public tantôt étonné, tantôt admiratif. Il a conduit en fanfare quelque 200 anciens gardes pontificaux – dont une cinquantaine en uniforme – du Palais de Rumine au Palais de Beaulieu. Ce défilé constituait l’un des temps forts de l’assemblée générale, qui se tient tous les deux ans dans une ville de Suisse. Le choix de Lausanne était justifié par la célébration, cette année, des 500 ans de la mort du pape Jules II, fondateur de la Garde: avant de devenir pape en 1503, Jules II della Rovere fut évêque de Lausanne de 1472 à 1476. Il connaissait bien les Suisses et c’est tout naturellement qu’il se tourna vers eux pour constituer sa garde personnelle: le recrutement commença après une lettre qu’il adressa à la Diète fédérale le 21 juin 1505 et les premiers gardes commencèrent leur service le 22 janvier 1506, date officielle de la constitution de cette petite armée.

Cinq cierges pour un pape

Un hommage a été rendu à Jules II lors de la messe solennelle présidée par Mgr Charles Morerod, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, le dimanche dans la basilique Notre-Dame. Cinq cierges ont été déposés devant son portrait: «Nous célébrons avec joie les cinq siècles de vie de la Garde suisse que vous avez instituée. Puissions-nous garder une foi inébranlable, forte et durable – comme le chêne dont vous portez le nom, della Rovere – en Dieu, au Christ et à son Eglise. Que nos gardes soient toujours amoureux de cette Eglise, de son chef visible, le pape François et de tout le peuple de Dieu qui la constitue!» L’assemblée générale permet, le temps d’un défilé, d’une messe et de l’apéritif qui a suivi sur le parvis, de créer des liens avec la population. Qui apprécie cette proximité, à l’image de cet homme rencontré à l’arrêt de bus: «La Garde suisse, c’est une fierté nationale, et voir défiler les gardes dans notre ville est quelque chose d’unique». Mieux faire connaître la GSP, c’est promouvoir le recrutement qui reste, avec la présence sur les nouveaux médias, le principal défi pour elle et pour l’association des anciens. «Sans la Garde suisse, les anciens n’existeraient pas, et sans les anciens, je suis sûr que la Garde suisse serait très rapidement en péril», estime Ulysse Bieri, qui a remis son mandat, après deux ans, à Lukas Schmucki, de Jona (SG). Trois gardes actuellement en service étaient présents. Parmi eux, le Lausannois Loïc Rossier. Il a traversé des mois intenses avec la renonciation de Benoît XVI et l’élection de François. Comment le jeune officier de 23 ans les a-t-il vécus? «La renonciation de Benoît XVI fut un choc. J’étais parti pour servir ce pape dont j’ai toujours apprécié les paroles fortes et pleines de sens. Mais je salue son humilité.» François? «J’ai été le tout premier à le saluer au sortir du conclave: une expérience qui restera gravée en moi. Le style est différent, mais la ligne est la même. Plus proche des gens, François remet à jour le visage de l’Eglise. Mais attention à ne pas désacraliser la fonction!» C’est à François qu’a fait allusion le commandant, Daniel Anrig, dans son message lors du banquet de clôture, relevant trois mots adressés par le nouveau pape aux gardes suisses: fidélité, à contre-courant, humilité. Il a enfin rappelé la priorité: le recrutement. Et souhaité à Lukas Schmucki «beaucoup de force, beaucoup de courage». Rendez-vous en 2015 à Einsiedeln. Geneviève de Simone-Cornet

Favoriser le recrutement

Depuis 1506, la Garde suisse pontificale (GSP) – unique corps armé rattaché au Saint-Siège – assure la protection du pape et la surveillance de sa résidence; elle contrôle les accès de la Cité du Vatican. Avec un effectif de 110 jeunes hommes suisses, elle est la plus petite et la plus ancienne armée du monde. De retour au pays, beaucoup se retrouvent au sein de l’Association des anciens gardes suisses. Fondée à Fribourg en 1921, elle compte treize sections régionales et 1500 membres sur les 2500 anciens gardes vivants en Suisse et à l’étranger. Elle sert de relais pour le recrutement et la promotion de la GSP, favorise les liens d’amitié entre les anciens et assure la présence de gardes en uniforme à l’occasion de célébrations solennelles. L’association contacte systématiquement les gardes qui quittent Rome pour les inviter à devenir membres et leur offre la première année de cotisation. Elle a créé un site internet et modernisé le journal Le Garde suisse, qui donne trois fois par an des nouvelles de l’association. GdSC

 

Geneviève de Simone-Cornet

 

 

 

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