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top news photography Les portraits de Dame Helvetia

Homo Helveticus. L’homme helvétique. Un titre qui sonne comme le nom d’une espèce disparue au paléolithique. Ou qui évoque la quête d’un individu plus complexe qu’il n’y paraît derrière son air statufié. C’est cette piste qu’a suivie Didier Ruef sans trop savoir où elle le mènerait. Elle ressemble à un labyrinthe identitaire entre Alpes, Plateau et Jura, de Chiasso à Bâle en passant par Euseigne, Engelberg et l’inévitable prairie du Grütli. Un parcours de trente ans, de 1987 à 2017, pas si fléché que cela. Pour en savoir plus...
Articles 2013 - A la Une
Jeudi, 28 Novembre 2013 00:00

 

 

Artisanat

Un jour, ils ont crée des jouets en bois

D’un monde à l’autre: après avoir sillonné la planète, les Fribourgeois Nathalie et Jean-Claude Carrel fabriquent des jouets en bois. L’envie de relever un nouveau défi et de faire quelque chose ensemble.

2013-48-17ALa planète, Nathalie et Jean-Claude connaissent: de l’Alaska à l’Australie en passant par l’Amérique du Sud et l’Irlande, ils ont pris le temps de la découvrir au rythme de leurs envies. Emplissant leurs yeux et leurs oreilles d’images et de sons qui sont autant de trésors au fond du cœur – d’ailleurs, l’envie de partir est toujours là. Oscar, puis Leni ont pointé leur nez, le couple est devenu famille et s’est installé dans la ferme rénovée de l’arrière-grand-père de Nathalie, à Pont-la-Ville, tout au bord du lac de la Gruyère. Devenus parents, Nathalie et Jean-Claude ont gardé leur travail d’employés de commerce – il faut bien gagner sa vie pour nourrir sa famille – tout en réfléchissant à un nouveau défi. «Le bois nous plaît, il nous parle, nous inspire, relève Nathalie. Et nous avons toujours aimé les jouets en bois. Alors pourquoi ne pas en fabriquer nous-mêmes? D’autant que les jouets, nous sommes en plein dedans avec deux garçons de trois et cinq ans!» L’occasion rêvée, pour Jean-Claude, de «poursuivre un projet commun, et cela nous motive».

L’atelier du bonheur

 

 

2013-48-17BSeulement, «nous ne sommes pas manuels», ajoute Nathalie. Et on ne s’improvise pas artisan! Forts de leur enthousiasme, les deux jeunes gens – 33 et 35 ans – ont acquis un kit de démarrage auprès d’une entreprise spécialisée installée à Dole, dans le Jura français, depuis trente-deux ans. «Nous avons acheté un concept qui comprenait trois jours de formation, des modèles et des machines», précise Jean-Claude. «Ce qui nous plaît, c’est que nous pouvons être autonomes et créer nos propres jouets», renchérit Nathalie. Le savoir-faire acquis, quelques machines – une scie à chantourner, une imprimante à encre spéciale, une presse, une perceuse à colonnes et une ponceuse à rubans – ont été installées dans la ferme familiale et l’aventure a démarré. Un an que le couple fabrique des jouets, le soir et le week-end. «L’atelier est un autre monde, affirme Jean-Claude. Nous utilisons principalement du bois de peuplier que nous achetons dans des magasins de la région. Nos modèles sont imprimés, puis transférés sur le bois. Ensuite viennent la découpe et le ponçage. Qui est le travail le plus long et le plus minutieux, car nous devons éviter les angles vifs et les échardes, nos jouets s’adressant à des enfants jusqu’à huit ans. Et ils sont aux normes européennes.» «Nous fabriquons des jouets à plat, ajoute Nathalie. Chaque pièce est unique. Et, sur demande, nous les personnalisons en y insérant une photo. C’est un plus pour nous. Cela marche bien pour les anniversaires! Et puis, personnaliser les jouets nous rapproche des gens: ils choisissent une photo qu’ils aiment, nous l’envoient et nous fabriquons un jouet unique». Nathalie et Jean-Claude privilégient le contact personnel: le lien créé à la commande demeure souvent, et les retours sont en général positifs. «Et puis, si nous créons des pièces nous-mêmes, les gens nous donnent des idées», constate Nathalie. Comme cette institutrice qui a imaginé et commandé un calendrier perpétuel pour sa classe.

Tirelires et jeu de pêche

2013-48-16CLe choix est vaste – et très coloré –, à commencer par les traditionnelles et toujours appréciés lettres de l’alphabet, reliées ou non, différentes pour les garçons et les filles. Le memory – 8 ou 12 paires – est un classique qui marche, tout comme les dominos, le jeu de dames et le moulin. Les pions peuvent être personnalisés. Nathalie et Jean-Claude fabriquent aussi des tirelires bien dodues en cinq modèles – vache, cochon, chèvre, poule et cheval – qui sont d’agréables objets de décoration. «Même les billets de mille francs y entrent, commente, malicieuse, Nathalie. Mais ils sortent moins facilement», ajoute-t-elle en actionnant, sur une tirelire vide, la baguette coulissante placée sous le ventre de l’animal. Un cadeau tout à la fois beau et utile. Quant aux puzzles personnalisés, ils rencontrent un succès certain. Le couple réalise aussi des reproductions de photos sur bois à suspendre au mur ou à exposer sur un support; et des cartes postales en bois. Originales, les plaques pour poussette, voiture ou autres avec nom, date de naissance et blason. Et les sous-verres personnalisés pour trinquer entre amis ou lors d’une fête de famille. Ce qui marche le plus? «Le jeu de pêche eskimo, jeu de patience et de précision qui développe la dextérité. Douze poissons à pêcher... et à remettre à leur emplacement initial avec la canne à pêche aimantée», explique Jean-Claude. La commande effectuée, la livraison prend une semaine au plus. Car les stocks sont petits – 5 à 10 pièces en moyenne. Et les prix très accessibles: entre 5 francs pour un sous-verre et 44 francs pour un jeu de dames avec pions personnalisés. «Nous veillons à couvrir les frais, mais nous ne comptons pas les heures de travail», relève Nathalie. D’autres jouets – qui ne sont pas fabriqués dans l’atelier – complètent l’offre: jouets premier âge, vélos en bois, décorations de chambres d’enfants, jeux de voyage, véhicules et trains, montres et bracelets, jouets à pousser, cadres pour photos, jeux d’habileté, jeux de société, gadgets. Ils sont vendus entre 4 et 99 francs.

Fierté légitime

Le couple propose ses jouets sur un site internet et tient régulièrement un stand dans les marchés de la région. Nathalie organise aussi des soirées de démonstration qui rassemblent une dizaine de personnes. «Les gens sont contents de nos produits, souligne-t-elle. A l’heure où près de 90% des jouets sont fabriqués en Chine, ils sont sensibles au fait qu’ils viennent de la région.» Pas question de concurrencer la grande distribution! Pour l’heure, le chiffre d’affaires est modeste. «L’expérience est positive. Elle nous permet de créer et surtout, elle nous apporte la richesse de nombreux contacts personnels», constate Nathalie. «Et puis, quelle fierté d’arriver à fabriquer des jouets de nos propres mains!», conclut Jean-Claude. Tous deux gardent au fond des yeux une braise de passion: «Qui sait? Peut-être que cet à-côté va devenir une activité principale pour l’un d’entre nous. Nous l’espérons!».

Geneviève de Simone-Cornet

Mise à jour le Jeudi, 28 Novembre 2013 15:16
 

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