ecovoiturage-upper

news menu left
top news photography Le jour où les médecins voteront l'aide au suicide en Suisse

Dans l’aide au suicide, les frontières bougent et les barrières tombent. La pratique reste marginale, avec 286 personnes accompagnées en Suisse romande l’an dernier, selon les chiffres de l’association Exit. Mais la tendance est à la hausse. Le 25 octobre, le parlement de la FMH se prononcera sur de nouvelles directives: même des personnes en bonne santé mais «fatiguées de vivre» pourraient demander le suicide assisté. Ce vote fait débat. Pour en savoir plus...
Articles 2013 - A la Une
Jeudi, 05 Septembre 2013 00:00

 

 

Sport

"Ce que j'aime dans le rugby, c'est le combat!"

 

 

A Gland, une centaine d’enfants reprennent l’entraînement de rugby. Un sport qui se pratique dès 5 ans. Et qui séduit de nombreux Suisses: début août, 10’000 personnes assistaient à un tournoi au stade de Genève.

2013-36-10a

«Lève tes mains pour attraper le ballon. Et toi, qu’est-ce que tu fais? Tu ne dois pas embrasser le sac de plaquage, mais lui rentrer dans le lard!» Autour de l’éducateur – nom désignant l’entraîneur au rugby –, une myriade de têtes blondes en sueur s’activent sur le gazon. Chez les plus petits (entre 5 et 6 ans), des rires et des cris entrecoupent les interventions du coach. On se passe la balle et on essaie d’attraper son adversaire. Plus loin, quatre autres groupes – les moins de 8, 10, 12 et 14 ans – s’entraînent à la passe vrillée et simulent des plaquages. En ce début septembre, l’école de rugby de La Côte à Gland entame une nouvelle saison. La pelouse, d’habitude foulée par des footballeurs, se mue chaque mardi après-midi, par tous les temps et jusqu’à Noël, en temple de l’ovalie. «Une centaine d’enfants (dont 80 avec une licence) viennent chez nous. Ça ne cesse de progresser depuis 8 ans», explique Sandrine Rochat, cheville ouvrière de l’école de rugby de La Côte. Fondée en 1999, c’est aujourd’hui la plus grande école de Suisse après celle de Lausanne qui compte une centaine de licenciés. «Nous nous occupons des enfants jusqu’à l’âge de 14 ans. Après, c’est le Nyon RC (Rugby Club) qui prend le relais», ajoute-t-elle. «Ce qui me plaît, c’est le combat!», s’exclame Ambroise (13 ans), qui a déjà huit ans d’ovalie derrière lui. Et le judo, alors? «Ce n’est pas un sport d’équipe! J’aime travailler en groupe, faire des passes», réplique-t-il encore essoufflé par un sprint.

Géant aux aguets

Au bord du terrain, un homme observe son fils. «Allanic a 6 ans, c’est celui qui a le tee-shirt du Barça. Il a commencé à 4 ans et demi. Au début il rechignait un peu, mais maintenant il est très content. Un sport de brutes? Pas plus que le foot, ici ils ont des casques (sa maman a insisté) et des protège-dents. J’ai fait du foot très longtemps, mais j’ai préféré l’inscrire au rugby. Il y a moins de bastons», argue cet enseignant en physique habitant la région. Un peu plus loin, un géant suit du regard un des ballons projetés dans les airs. «J’ai connu le rugby à 13 ans, explique Cédric Bagnoud. Avec des copains de la campagne genevoise, nous avons commencé à jouer au Sporting. On s’entraînait à Vessy. En 1989, nous avons créé le Rugby Club d’Avusy. Aujourd’hui, c’est mon fils Noah qui est sur le terrain.» «Le rugby est une bonne école de vie, un bel apprentissage, estime Thierry Dupont, ex-coéquipier de Cédric Bagnoud, qui est venu chercher son gamin à la sortie de l’entraînement. La perception qu’ont les Suisses du rugby a changé. Les règles ont évolué, le jeu est plus dynamique même si les phases de combat sont toujours bien présentes. Dans mon entourage, certaines personnes qui n’ont pas la culture du rugby commencent à regarder des matchs. Ça ne veut pas dire qu’elles vont inscrire leurs gosses à Gland, mais elles connaissent les règles de base et savent apprécier le beau jeu.» Le rugby est plus compliqué à expliquer que le football, du coup le coach y va progressivement. «Je ne siffle pas toutes les fautes. On simplifie les règles durant les matchs», explique un éducateur. Pour ce Français établi en Suisse depuis vingt ans, «le rugby n’est pas un sport violent. C’est un sport de contact. Les mêlées sont simulées jusqu’à 16 ans. Le placement, les positions commencent à être assimilées à 14 ans. Et quand j’arbitre, dès qu’ils protestent, je les sanctionne. Ils râlent spontanément, mais ils comprennent vite qu’au rugby l’arbitre est roi: le capitaine peut demander quelle faute a été commise, mais c’est tout. C’est le seul qui peut s’adresser à l’arbitre».

Expatriés en masse

«Le rugby n’est pas très populaire aux Etats-Unis. Et c’est très différent du football américain, mais notre fils voulait essayer», explique une mère au foyer dont le mari travaille pour la multinationale Procter and Gamble. A quelques mètres, le courtier en bourse sud-africain Morne Durandt ne s’exprime lui aussi qu’en anglais – bien que son accent diffère totalement de celui de sa voisine américaine. Arrivé en octobre 2012, ce spécialiste de la bourse a immédiatement cherché une équipe pour son fils de 11 ans. «Chez nous, le rugby est très populaire. Je m’attendais au pire en venant ici, rigole-t-il. Mais je me suis rendu compte que l’enseignement à Gland est meilleur qu’en Afrique du Sud. Ici, on les force à s’appuyer sur leur qualité de jeu à la main et sur leur course plutôt que de ruer dans les brancards.» Et à en croire ce broker venu travailler un an seulement en Suisse, son fils reviendra au pays avec un avantage sur ses coéquipiers: «Il a appris à jouer avec des chaussures. Chez nous, on s’entraîne pied nus jusqu’à l’âge de 13 ans». Les grandes entreprises de l’arc lémanique ont toujours attiré une foule d’expatriés. Gallois, Irlandais, Anglais, Italiens et Français y ont fait revivre le rugby. Mais aujourd’hui, certains problèmes se posent avec la formation. «Les écoles d’Avusy et du CERN (Meyrin) ne fonctionnent pas, car les expatriés préfèrent envoyer leur fils en France voisine (à Gex ou Bellegarde) où le niveau est plus élevé. C’est dommage», déplore le responsable des écoles de rugby de Suisse, Eric Lefebvre. Et c’est pour cela que la commission qu’il préside lorgne du côté de la Suisse alémanique: «Il y a là-bas un potentiel énorme. Si nous parvenons à y développer la culture du rugby, nous pourrons passer d’un rugby d’expatriés à un rugby véritablement suisse», conclut ce Français établi en Suisse depuis 22 ans.

Les femmes de l’école de la Côte

«Tout a commencé avec trois enfants dont les parents avaient la passion du rugby, explique Sandrine Rochat, présidente de l’école de rugby de La Côte (Gland). Tout le monde est bénévole ici: une dizaine de personnes, entre les éducateurs (entraîneurs) et les autres. La commune de Gland met les terrains à disposition gratuitement. Nous le devons à mon prédécesseur, malheureusement décédé en 2011, qui a fondé l’école en 1999.» Comment s’est-elle retrouvée à la tête de l’école? «Ma fille voulait essayer le rugby. Elle y a joué de huit à douze ans. Moi je n’y connaissais rien. Sa grand-maman lui a transmis le virus: il y a longtemps, elle travaillait dans un magasin de vêtements à Paris qui se trouvait à côté d’un bar fréquenté par des joueurs de rugby. Elle est devenue fan», révèle Sandrine Rochat. «Quand j’ai vu mon fils sur le terrain, ça a été impossible de rester à l’extérieur. Je voulais participer!»: assistante médicale, Céline Portman (41 ans) est sur le point de passer son diplôme d’éducatrice Jeunesse et Sport de rugby. Joueuse du RC Nyon, elle entraîne les jeunes pousses de l’école de La Côte. «Ce n’est pas plus dangereux qu’un autre sport si on se muscle correctement. Et on apprend à se protéger les épaules, la tête et la nuque. A respecter certaines règles pour éviter de mettre en danger les autres. Tout cela s’apprend petit.» Son mari (43 ans) évolue chez les vétérans: «On fait plutôt du touch, du touché, sans plaquage, sans mêlée». Ce qu’ils préfèrent dans ce sport? «La troisième mi-temps. L’ambiance d’après match, au rugby, c’est vraiment quelque chose!» CeR

Le rugby gagne du terrain

«En Suisse, commente Eric Lefebvre, président de la commission technique des écoles de rugby, si l’on compte les enfants inscrits âgés de 14 ans au maximum, on arrive à 700 gosses environ – dont 450 en Suisse romande.» En plus de Lausanne, qui regroupe Le Luc, Stade Lausanne et Albaladejo (du nom d’un célèbre joueur), et de Gland (La Côte), les cantons romands comptent un peu plus d’une dizaine d’écoles. «Parmi les centres de formation qui fonctionnent bien, on trouve ceux de Palézieux, de Morges, de Blonay et d’Hermance. Les écoles de Monthey, Neuchâtel et La Chaux-de-Fond s’agrandissent petit à petit», précise Eric Lefebvre. Le bouche à oreille, mais surtout le coup de projecteur lié aux coupes du monde en France (2007) et en Nouvelle-Zélande (2011) ont entraîné un engouement nouveau pour le rugby: après chaque évènement majeur, le nombre de nouvelles inscriptions a explosé. Depuis quelques années, des rencontres au sommet sont également organisées dans la cité de Calvin qui drainent les foules. A l’instar du Legion Geneva Challenge qui, pour sa première édition le 9 août dernier, a attiré 10’000 spectateurs au Stade de Genève. CeR

 

Cédric Reichenbach

Mise à jour le Jeudi, 05 Septembre 2013 10:18
 

Cette semaine

2018-42-sommaire 

 

Fin de vie et suicide

coucher1

 

coucher2

 

archives-2018

 

Tablette Amigo




Echo Magazine © Tous droits réservés. Route de Meyrin 12. CH-1211 Genève 7. Tél +41 22 593 03 03. Fax +41 22 593 03 19 redaction@echomagazine.ch