ecovoiturage-upper

news menu left
top news photography Les portraits de Dame Helvetia

Homo Helveticus. L’homme helvétique. Un titre qui sonne comme le nom d’une espèce disparue au paléolithique. Ou qui évoque la quête d’un individu plus complexe qu’il n’y paraît derrière son air statufié. C’est cette piste qu’a suivie Didier Ruef sans trop savoir où elle le mènerait. Elle ressemble à un labyrinthe identitaire entre Alpes, Plateau et Jura, de Chiasso à Bâle en passant par Euseigne, Engelberg et l’inévitable prairie du Grütli. Un parcours de trente ans, de 1987 à 2017, pas si fléché que cela. Pour en savoir plus...
Articles 2013 - A la Une
Jeudi, 15 Août 2013 00:00

 

 

Consommation

Les Romands se lancent dans le vin allégé

 

Le vin sans l’ivresse, c’est possible grâce aux vins light. Des viticulteurs romands se sont lancés sur ce nouveau marché avec des mousseux titrant à moins de 9% d’alcool.

2013-33-11CAprès les produits pauvres en sucres et en graisses, voici les vins à teneur en alcool réduite. Dans toute l’Europe, les viticulteurs sont autorisés depuis 2009 à réduire le pourcentage de leurs crus jusqu’à 7% tout en continuant à les appeler vins. Pour ce faire, ils peuvent stopper la fermentation en avançant la période des vendanges, filtrer le breuvage ou encore laisser l’alcool s’évaporer dans les caves. Généralement très fruités et agrémentés de bulles, ces vins light font penser au moscato, au prosecco, à la Clairette de Die, au vinho verde portugais ou encore au Listel. Prix moyen d’une bouteille: un peu moins de dix francs.
But des producteurs: conquérir de nouveaux consommateurs, en l’occurrence les femmes, les sportifs, les personnes âgées, bref tous ceux qui ne sont pas exactement des amateurs de vin et qui sont soucieux de ses effets sur leur santé, mais qui restent susceptibles d’en boire. Selon le viticulteur vaudois Reynald Parmelin, de Begnins, double champion suisse du vin bio, ces vins bénéficient d’un contexte social favorable: «Les gens font de plus en plus attention à l’alcool, ils sont sensibles aux discours de prévention, s’inquiètent de leur taux d’alcoolémie avant de prendre le volant».

Un marché en hausse

Il existe sur le marché une bonne dizaine de marques de pétillants faiblement alcoolisés. On trouve ainsi du Pinot gris, du Sauvignon, du Riesling et du Merlot à quelque 9% d’alcool. D’après le journal britannique The Independant, le marché mondial serait en progression de 11% par an alors que celui des crus classiques a tendance à stagner. Parmi les vins allégés, ceux qui titrent entre 4 et 8% d’alcool posséderaient le plus grand potentiel de développement commercial. «On vend très bien le Moscato d’Asti, produit traditionnel du Piémont, avec un degré d’alcool inférieur à 6%, ainsi que les mousseux Listel à quelque 10%, par exemple», affirme Sabine Vulic, porte-parole de Coop.
Selon Philippe Margot, journaliste viticole à Vevey, les premiers vins allégés sont apparus sur le marché vers la fin des années 1980. En France, le domaine Aurio, à Lézignan-Corbières, dans l’Aude, fait figure de pionner avec sa gamme So Light lancée en 2009, tout comme Michel Picard, Castel, Marie Brizard et bien sûr Listel.
En Suisse, on trouve peu de producteurs. Propriétaires du domaine des Abeilles d’Or à Chouilly, à Genève, René et Laurent Desbaillets ont lancé en 2011 un mousseux élaboré à base de Pinot blanc et de Kerner, titrant à 7,5% seulement grâce à des vendanges précoces qui empêchent ce vin d’atteindre son potentiel de 11 à 12% d’alcool. René et Laurent Desbaillets en vendent moins de 1500 bouteilles par an, essentiellement par la vente directe.
Autre exemple: la gamme «Tendance 9», distribuée par la maison Schenk à Rolle. Depuis sa commercialisation en 2007, il s’en écoule 30’000 bouteilles par an. Ce vin de pays se décline en blanc (assemblage Riesling-Sylvaner) et en rosé (100% Gamay). Il a reçu une médaille d’argent lors d’un concours œnologique au Japon – pays qui figure parmi les plus gros consommateurs de ces breuvages dits «tranquilles» avec l’Allemagne, l’Italie, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis.
A noter que le terme «allégé» ne s’applique qu’à la teneur en alcool car, au niveau calories, ces vins pèsent plus lourd que le rosé, le kir ou même le jus de pamplemousse: environ 100 calories pour un décilitre (comparativement, le Coca en contient 45). Les producteurs américains, en particulier, ne voient pas d’inconvénient à rajouter du sucre et des arômes fruités pour augmenter l’appétence de la boisson.

 

2013-33-11B

L’effet du réchauffement

Les procédés de fabrication sont appelés à se développer, car l’une des conséquences du réchauffement climatique est l’élévation du degré d’alcool de certains crus, notamment dans le Sud de la France, en Californie et en Australie. Celui-ci a déjà augmenté de plus de 2% en quelques années par la seule faute du climat. «Pour les viticulteurs, il ne s’agit donc pas seulement de diminuer le pourcentage pour trouver de nouveaux débouchés, mais aussi de corriger un défaut», souligne Johannes Rösti, responsable de recherche en œnologie à Agroscope Changins-Wädenswil.
Reste à savoir si les vins allégés incitent les consommateurs à boire davantage ou, au contraire, les déshabituent de l’alcool. «Il est difficile de répondre à cette question, car c’est avant tout une affaire personnelle, dit-on chez Addiction Suisse à Lausanne. Ce qu’il faut savoir avant toute chose, c’est que l’alcool n’est pas et ne sera jamais une boisson anodine. En Finlande et en Suède, on s’est aperçu que la mise sur le marché de vins allégés ne permettait pas de rediriger les gens vers des alcools moins forts. En effet, la consommation totale n’a pas diminué. On a plutôt observé un phénomène de cumul.»

Francesca Sacco

Le goût est modifié

2013-33-11AMais qu’en est-il du goût? Avec une réduction de quelques degrés au-dessous d’un taux habituel de 12 à 13%, les jurys de consommateurs «ne perçoivent pas de changement», estime Jean-Louis Escudier, chef d’unité à l’Institut scientifique de recherche agronomique publique finalisée (INRA) en France. «Actuellement, sur le plan technique, il est très difficile d’obtenir quelque chose de satisfaisant, répond Johannes Rösti, l’œnologue de Changins. Moins d’alcool signifie davantage d’acidité et d’astringence. Bien sûr, on peut ajouter des bulles, du sucre ou de l’eau, tout simplement, mais cela revient ni plus ni moins à trafiquer le vin.»
«Pour les grands vins de table, nous sommes sceptiques. L’alcool est un support des perceptions aromatiques. Au-dessous d’un taux de 5%, les notes acides et astringentes prédominent et il devient difficile d’atteindre un bon équilibre organoleptique», déclare Sabine Vulic, porte-parole de Coop.

FSa

Mise à jour le Jeudi, 15 Août 2013 11:55
 

Cette semaine

2018-50-Sommaire 

 

archives-2018

 

Tablette Amigo




Echo Magazine © Tous droits réservés. Route de Meyrin 12. CH-1211 Genève 7. Tél +41 22 593 03 03. Fax +41 22 593 03 19 redaction@echomagazine.ch